• « Taurus Littrow » le dernier pas....

    Goûte l’Apollon

    L’amère saveur d’un adieu

    Au pas du géant



    Beauté stérile

    Tranquillité conquise

    Oublie l’Apollon



    Au clair du berceau

    Triomphe l’auréole

    Règne l’océan



    Aux cirques sans jeux

    Splendide désolation

    L’oubli est promis



     

     

    « Taurus Littrow » le dernier pas....


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  • Quand des hommes armés pénètrent dans un temple, une synagogue, une église ou une mosquée c’est à une certaine idée de l’humanité qu’ils s’en prennent, au delà de l’atteinte insupportable aux droits de chacun de disposer de sa liberté de conscience.

    Tout à l’heure, en plantant dans mon jardin, pour ce printemps, les bulbes de tulipes «triomphes», "gros calibres», »mélange», je songeais à l’ironie de ces mots alignés, comme les 37 corps de ces chrétiens d’Irak, massacrés d’avoir voulu prier.

    Je pensais aussi à un éditorial tristement prémonitoire qui comparait les chrétiens d’Orient aux abeilles, rappelant que leur extinction n’augurerait rien de bon pour le futur.

    Triste paradoxe que cet Orient même, d’où jaillirent les premières communautés, soit sur le point de devenir un des hauts lieux de la persécution mondiale des chrétiens et préfigurant une sorte de «solution finale» pour ces croyants téméraires.

    Et le silence, la quasi résignation de nos nations gendarmes du monde en matière de droits de l’homme, garantes des libertés fondamentales, me font penser à un séisme sous marin.



    On ne voit rien, on n’entend rien, c’est loin, trop loin de nos préoccupations.



    Et comme la solidarité, qui pourrait être légitime serait, encore une fois suspecte tant notre culpabilité est grande de nous être trop longtemps «servis sur la bête», la crainte de prendre partie, annihilent notre compassion.



    L’erreur sera forcément fatale de laisser tous les fondamentalismes se débrider, et main dans la main, avec le communautarisme, les replis nationalistes, une mondialisation gommant les différences spirituelles, faire à leur guise autour du monde une danse macabre!



    On ne dit rien mais cela n’empêchera pas l’onde soulevée par le séisme d’avancer sur nos côtes.



    Je plantais donc mes tulipes de printemps tout à l’heure, et les mots alignés me disaient le triomphe des gros calibres sur le mélange des peuples.

    Ca m’attristait et je voulais témoigner, au moins témoigner...........

     

    (Toussaint 2010)


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  • Un vieil arbre dépourvu de majesté et privé depuis longtemps de ses courtisans, tenta hier soir l’impossible.

    Le souverain déchu saisit le prétexte du passage de la belle Phébé entre ses ramures amaigris, pour tenter de la retenir à jamais.

    Mais la lune est animée de cette force prodigieuse qui fait inexorablement fuir tous les astres errants, au-delà des hublots indiscrets derrière lesquels s’illuminent souvent le regard des amoureux du ciel.

    Il ne resta plus alors au vieil arbre sans grâce qu’à laisser s’échapper de la pointe d’une branche vengeresse,la rebelle à l'intouchable beauté,

    Une brume épaisse fit ensuite comme un rideau blafard au géant bafoué, et il disparut à mes yeux.

     

    Serais-je un jour comme cet arbre dont la cime vit aux marches de la voûte étoilée,et qui au couchant de son existence tentera d'impossibles conquêtes ?

    Le vieil arbre et la lune

    Le vieil arbre et la lune


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  • L’astronome amateur est souvent captif de sa passion.

     

    Pour peu qu’on lui laisse un peu d’espace, il aime à délivrer ses explications sur le troublant comportement des trous noirs.

     

    Mais force est d’admettre que l’auditoire a quelquefois envie de se « faire la belle », plutôt que de succomber aux attraits de la belle étoile !

     

    Reconnaissons le, et il suffit de capter certains regards implorants,pour comprendre que Nous « Autres », nous pouvons de bonne foi, devenir importuns, voire insupportables.

     

    Bref, il nous faut parfois partir en cure, oublier cette canalisation gisant sur un chantier et qui ferait bien sa mue en tube de télescope, ce miroir grossissant, dans la parfumerie, et qui irrésistiblement nous fait penser à…

     

    Comment se débarrasser du syndrome persistant du « nez en l’air »  sinon en retournant sur terre à l’occasion d’activités normales.

     

    Ce dimanche donc, j’accompagnai ma petite tribu lors d’une promenade normale, bien décidé à humer les senteurs automnales tout en admirant les teintes de feu dont les arbres aiment à se parer en cette saison.

     

    Dans un pré à la verdeur digne d’une peinture impressionniste, trois splendides chevaux, fins et musclés, se repaissaient de cette herbe providentielle.

     

    Complétant ce tableau, un solide gaillard s’activait autour d’un brasier odorant qui déroulait un panache blanchâtre dans l’air rafraîchi de cette fin de soirée.

     

    En arrêt devant les magnifiques pégases, nous dûmes attirer son attention et il se mit à nous parler de ses pouliches, d’une voix emprunte de douceur, contrastant avec sa carrure de travailleur acharné tout dévoué à la terre.

     

    Il me faisait penser au bédouin du cultissime « Ben Hur » qui s’adressait à ses juments comme à ses propres filles ( aux noms si évocateurs : Aldébaran, Altaïr, Bételgeuse, Rigel). Avais-je un pressentiment ?…

     

    J’appris donc que l’une de ces bêtes était la descendante d’un ancien vainqueur du Grand Prix d’Amérique, que son fils et lui se consacraient à l’élevage de trotteurs de compétition, et bien sûr le petit nom de chacune de ses princesses.

     

    Loin de l’astronomie vous disais-je, simplement en promenade d’automne 

     

    Ces pouliches racées et bien nées :

     

    « Simba des étoiles »

    « Nikita des étoiles »

    « Poésie des étoiles »

     

    Et oui, chacune des productions de cet élevage est labellisé « des étoiles » !

     

    Quand j’ai confié à ce personnage aux accents enfantins (et roulant des « r » comme personne) mon affinité avec les étoiles du firmament, sa réaction fut des plus touchantes.

     

    « C’est merveilleux, je passe des heures à regarder le ciel, ça c’est vraiment merveilleux… »

     

    Etonnante rencontre, un pré, pas trop loin de chez moi.

     

    Et si un de ces soirs nous observions ensemble dans le pré des étoiles !

     

     

     

     

     

     


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    Quelle merveilleuse sensation que de sentir la pesanteur de son corps!

    Délesté de mon envahissante combinaison de survie, refuge hors duquel pourtant le vide m’aurait broyé, je vais à mon gré au milieu de ces cratères.

     

    Ici, je ne suis plus un pantin aux mensurations disgracieuses, et qui rebondit de pas en pas, jouet d’une atmosphère fantôme.

     

    Au lieu d’un plâtre grisâtre et collant, mes semelles s’acoquinent avec une terre vivante,qu’une giboulée de printemps a rendu odorante.

     

    Je m’avance sur le promontoire aménagé au delà de cette première balafre de cratères.

     

    Des sons me parviennent, mêlant la peur et l’exaltation, le fracas et le silence définitif.

     

    Un Vulcain invisible martèle le sol, tandis que des nuées de créatures s’entrechoquent.

     

    Certaines ne sauront jamais qu’en leur nom, j’ai franchi aussi une autre frontière.

     

    La vie a recouvré ses droits sur ces cratères, tandis que là d’où je viens, une tranquillité stérile a fait vœu d’éternité.

     

    Quelle merveilleuse ivresse que l’anonymat d’une empreinte sur ce sol étranger, et que je peux partager avec des inconnus venus de tous les horizons.

     

    L’astre qui vient de se lever dans sa splendeur trompeuse, tente de ma rappeler un serment de fidélité imaginaire aux cratères d’en haut.

     

    Tout au plus a-t-il réussi à congédier momentanément le feu et le sang , pierres de la Genèse des cicatrices de ce lieu.

     

    J’ai pu de même esquiver le protocole en quittant le sanctuaire, m’échappant sur une musique mélancolique qui dit, heure par heure, la nostalgie et l’amour du pays aux pauvres types dont les bras en croix de marbre blanc, sont désespérément glacés.

     

    Quelle évidente révélation enfin que de comprendre que la métamorphose des cendres en lune flamboyante , cycle régulier et immuable , met en pleine lumière cette chimère unique qu’est notre terre patrie.

     

     

    Et dans les regards que je croise, celui d’une enfant et de ses parents, je ne lis qu’un peu d’humanité, pas d’admiration.

     

    Que l’on me considère comme le vieil homme que je suis devenu, chaque pas accompli en direction de l’autre, c’est ça le bond de géant !

     

     

     

     

     

    (Souvenir d’une rencontre imaginaire avec Neil Armstrong, cimetière américain de Colleville-sur-mer, printemps 2008)

     

     

     

     

     


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