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    Hommage à Galilée

    Hommage à Galilée

     

     

    Séléné donne en ses quartiers
    Un bal de révolutions
    Baume contre l’affliction
    D’être à la noce d’Ignorance
    Pour la Science vile offense

    Le bel esprit dépeint la vie
    Et à la lettre offre un défi

    Plus fort de savoir et pourtant
    Tourne la tête du savant
    Choix du soleil, feux de l’enfer
    Trop lourd secret, au nom du Père

     

     

     

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    Hommage à Galilée 

     


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  • Au sens littéral du terme, Dieu n'est pas raisonnable.

    Cela veut dire que contrairement au plus infime des virus, la plus lointaine des galaxies, il ne se résout sous aucun microscope électronique ou dans le champ du télescope spatial.

    « Ego sum qui sum » , cette révélation faite à Moïse par le « Boss » en personne (dans le cadre d'une mémorable animation pyrotechnique...) est probablement la meilleure définition de ce qui est indéfinissable : « Je suis ce qui est » ou « Je suis qui je suis »

    Il se contente d'être, de toute éternité et rappelle à l'humanité que la question de sa nature reste secondaire.

    Au lieu de le chercher au plus haut du ciel, il vaut mieux le rencontrer au ras des pâquerettes, un buisson,dans une montagne bordant le désert.

    Dans tous les cas, à hauteur d'homme.

    "Il est comme il est", point final.

    Cette évidence tombe à pic pour ceux qui comme nous, sont parfois tétanisés par la simple évocation du vertigineux infini dans son écrin d'éternité.

    Ce point final fait du bien!

    Si Dieu n'est pas raisonnable, y croire l'est encore moins?

    Mais ça n'est pas plus absurde que de ne pas y croire.

    Face au tombeau vide certains diront  « il est parti », d'autres, « il n' y a personne »

    En faveur de qui ou de quoi plaide l'apparence ?

    Espérons que le dénominateur commun à tous les braves gens qui s'interrogent quand même, j'ose le croire, devienne la "révélation" que cette obscurité abandonnée est surtout fondatrice de la mort des préjugés et des certitudes.

    Quand je lis ce que je lis parfois, j'en suis moins sûr...

    Nul ne doit rendre raison de sa foi, mais les bâtisseurs de l'autre versant de la connaissance du monde, doivent me payer « cash » pour boire un coup au bar de ma soif de savoirs.



    (un bar saisi à Coney Island juillet 2015 où Dieu côtoie les ovni...)

    Ils doivent me démontrer les raisons de leurs théories, contrairement à Dieu qui lui, est hors champ.

    Le véritable péché originel, c'est d'oublier que la connaissance se gagne au prix d'un savoir en action, pas un prêt à consommer, comme cette pomme fatale, ce cadeau qui empoisonne la volonté d'expérimenter, de questionner.

    Et surtout pas au mépris de l'autre, même dans la contradiction.


    Avoir la foi, c'est porter en soi un si grand mystère, entretenir avec l'invisible un relation si privilégiée, qu'il n'est nul besoin , voire inutile, d'imaginer de mystères plus incompréhensibles.

    La révélation progressive par les sciences, du parfait agencement des forces qui régissent l'univers et animent le vivant, leur contemplation parfois, suffisent à mon bonheur.

    Que d'autres humanités puissent exister et que des phénomènes encore inexpliqués en soient leur manifestation, le doute avec lequel je compagnonne en permanence me permet de l'envisager sans a priori.

    Par contre, je suis le plus redoutable des sceptiques et le doute devient un tamis, une méfiance toute naturelle au regard de mystères imposteurs qui travestissent inutilement les merveilles déjà données à voir.

     

    (luciole dans mon jardin )

     

     

    La première de ces incroyables histoires dans l'univers est déjà notre existence même non?

    L'erreur serait alors d'évacuer une transcendance au nom de la rigueur scientifique et de la remplacer finalement par une autre, une civilisation extraterrestre prétendument supérieure à la nôtre.

    Dans le champ de la connaissance, bâtie sur le savoir et les preuves de ce savoir, cet acte de foi n'est pas fondé...


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  • Décollage imminent.

    La tension a figé les regards dans la salle de contrôle.

    De l'interminable labyrinthe jusqu'au pas de tir, ces regards ont évité le mien.

    Les officiants silencieux  m'ont conduit sur l'air de lancement.

     

                                                                    

    C'est écrit, jamais je ne saurai pourquoi les bras d'une magicienne de soie et d'ébène, m'ont invité aux délices des marges obscures de la ville. 

    New York où l'on se perd, où l'on aime, où l'on aime à se perdre, que j'avais fini par quitter.

     Quartiers délabrés, espoirs fissurés, quotidien au goût d'injustice , ou simplement ma destiné ?

     Après l'ivresse, vient le  douloureux réveil par le  tranchant d'une lame souillée, le vacarme et l'odeur de la poudre, le hurlement des sirènes qui vous jettent finalement au cachot.

    La seule cité ouverte à mon errance fut celle d'Eldorado, de l'argent facile qui met en dette avec le diable.

    A la vie, à la mort.

    Mon authentique plaisir siégeait au plus haut des cieux, là où notre Père nous avait pourtant abandonnés, en dépit des cantiques chantés chaque dimanche avec foi, amour inconditionnel teinté d'amertume.

    Le prix à payer pour un futur sans avenir, c'est bien la corruption des meilleures intentions.

    J'aimais contempler sans autre raison qu'un bonheur indicible, la maîtresse des nuits, rêver à ce don de lumière entre deux mauvais coups.

     L'exploration spatiale, l'épopée de gens ordinaires devenus des chevaliers et parés de toutes les vertus me fascinait.

    C'était comme l'ivresse qui me permettait de garder un cap illusoire, alors même que mon vaisseau naviguait dans un  vide spécial fait d'obscurité glaciale.

    J'étais semble-t-il doté d'un esprit curieux, d'une intelligence inversement proportionnelle à mon espérance de vie.

    Elle me fut utile pour survivre.

    Jusqu'au chant des sirènes, j'avais gardé au fond une âme d'enfant malmené.

    Au plus fort du blizzard, à Noël dans nos rues illuminées, je croyais chaque année que tout pouvait encore changer, malgré les morsures du froid.

    Sacré Santa Claus!

    Et tout finit par changer, puisque tout est inscrit dans le temps.

     

                                                                     

    Depuis que j'étais promis à l'envol, un jour prochain , je dévorais tel un affamé mes ouvrages anciens, mes manuels du candidat au  décollage.

    De la terre à la lune, ces livres me préparaient au voyage maintes  fois imaginé vers l'autre rive.

    Mon odyssée d'homme, enfin libre!

     Je lus et relus aussi "Polaris", nouvelle si étrangement familière de mon auteur favori, H.P.Lovecraft, peintre du sombre, un autre maudit qui savait si bien déchirer le voile des ténèbres

    M'abandonner dans la magie inquiétante de ses royaumes  mythologiques et féroces faisait de moi son disciple noir le plus dévoué.

    Un premier pas dans l'au-delà.

    Comme lui, je regardais avec nostalgie les étoiles depuis la fenêtre d'une chambre, les dames de compagnie de ma favorite. 

     

                                                                 

    La dernière nuit fut celle de l'attente presque lasse d'une ombre chargée par les tout-puissants de me dire que  le moment était venu.

     Et le temps du voyage s'accomplit.

    Sanglé solidement, prêt à encaisser les rugissements de l'enfer.

    J'avais quitté le monde d'en bas et mon récit pouvait commencer.

     

                                                                        

    "Allongé au fond du vaisseau Franck ne respire plus.

    Son visage noirci ne porte aucun signe de souffrance .

    Il ressemble à ces mineurs au repos des temps anciens.

    Je suis donc seul.

    Seul dans les entrailles du frêle module d'exploration.

    Toute communication avec la base est rendu impossible depuis « l'incident ».

    Voyants lumineux et interrupteurs pullulent pourtant dans ce refuge aux parois ridiculement minces.

    Mais ils se sont tus.

    Un univers létal, aux mains d'étrangleur sévit derrière les remparts de notre véhicule spatial,  guère plus épais qu'un carton d'emballage

    Sur ce sol grisâtre, je suis plus que jamais seul, étranger sans terre d'accueil.

    Prisonnier d'une désolation qui n'a rien de splendide, que le plus beau des  versets de la Genèse ne parviendrait pas à magnifier, je côtoie au plus près une vallée de la mort.

     J'ai même cru deviner le passage d'une ombre au travers du hublot triangulaire.

    Deux coups viennent de résonner sur la porte du sas. 

    Le temps est donc vraiment venu!

     Mis en demeure de faire l'hospitalité à cet autre sans visage,  je fixe l'écoutille rendue au silence.

    Elle n'est qu'une simple porte, rien qu'une ouverture assujettie à ma volonté!

    Et je me surprends à devoir lui résister.

    Mon voyage est de toute façon sans retour.

    Je franchis la porte de mon sanctuaire puisque je serai le premier, le précurseur, j'aurai ouvert une nouvelle voie.

    Sur le sol blanc-gris dont l'humidité souille mes bottes d'une suie collante, je le vois prés du drapeau.

    Tout léger, volant presque au-dessus de cette cendre familière je le rejoins.

    Je pose ma main sur son épaule et l'autre conquérant que je n'avais pas encore deviné dans la pénombre du module, nous photographie.

    La pleine Terre en majesté flotte sur un horizon étoilé, posée sur des collines en pente douce.

    Mon coeur s'emballe et je suis heureux comme jamais.

    Je souffre pourtant d'une douleur inconnue.

    Dans les moindres recoins du corps, j'ai mal.

    Mon héros, l'astronaute du drapeau à  l'Aigle conquérant, arrache subitement  mon casque.

    Un éblouissant néant  devient le monde.

     La lumière, le module, les cratères, les voix connues et inconnues qui pleurent, qui m'aiment, qui  me renient, tant de regards jusqu'à celui de ma mère, je deviens tout cela.

    Il n'y a plus d'avant.

    Il n'y a plus d'après.

    Je suis encore dans le couloir qui m'a aspiré vers les ténèbres au sortir de ma chambre.

    Entravé, sanglé comme un animal dangereux, injecté dans un espace inconnu à la vitesse de la lumière!

    Au-delà même!

    Je suis avalé, et présent cependant dans chaque particule de tous les univers, changé en ombre définitive et absolue .

    Plus rien mais partout à la fois! "...

     

                                                                       

     

    La veille le gouverneur avait dit "non".

    Il fallait que la bête meure.

    J'ai assisté avec les officiels, les familles otages d'une colère éternelle, j'ai assisté au départ sans fracas mais dans un silence effrayant de celui que j'avais tenté d'accompagner. 

     

    "Tenez Franck, il a laissé ça pour vous" m'avait confié un peu à l'écart le directeur de l'établissement, juste après l'exécution.

    L'ouvrage à la couverture glacée et sombre avait dû être lu et relu.

    Les pages écornées s'élevaient inexorablement vers le haut.

    "Premiers sur la lune", une édition de 1970.

    Je découvris sans réelle surprise une dédicace-testament :

    "premier Afro-Américain sur la lune.

    J'ai eu tout le temps de m'y préparer " 

     Des comptes à rebours muets attendent donc toujours leur heure pour des décollages qui ne servent décidément à rien...

    Je me demandais de quoi ou par qui son esprit pouvait être peuplé à l'instant du trépas.

    L'injection fatale s'était probablement insinuée comme un glaive liquide dans les  veines.

    Elle avait dû trancher tous ses derniers  vrais rêves pour le plonger dans un état de néant. 

     Un corps sans vie et sans rêve, voilà ce qui reste du supplicié?

     Oui, c'est certain.

    Quel songe peut bien habiter de toute façon l'âme errante d'un homme trépassé dans le couloir des ombres, celui de la dernière frontière?

     

     Au matin naissant, une jolie lune porcelaine partiellement consumée par un liseré d'ombre, aimantait mon regard alors que je regagnais le parking de la prison.

    A la pensée absurde qui affleura la bordure de ma raison, je donnais l'ordre de prendre congé, de disparaître sur-le-champ!

    Mes illusions aussi avaient vécu.

     Comme ces mers imaginaires sans tempête, qui sur l'astre des nuits, n'accueilleront jamais personne, moins encore l'âme grise d'un damné.

     

     

     

     


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  • Ce qui est bien avec les voyages,  c’est évidemment que l’on voyage.

    J’espérais, je rêvais de voir des indiens, et mes souhaits furent exaucés au-delà même de mes espérances ! 
     

    La sage, le candide, et l'écureuil

     

    Que n’aurais-je donné pour pénétrer l’esprit de ce saint homme qui à l’ombre de la sollicitude de ses fidèles, contemplait tout comme moi une incommensurable beauté, œuvre inégalable de la nature et du temps. 
     

    La sage, le candide, et l'écureuil

    Ces saintes pensées lui permettaient-elles de dépasser le stade de mon émerveillement béat qui convoque les superlatifs convenus, pour s’élever au contraire  vers des sommets ?

    Connaissait-il  de ces inspirations qui empruntent les chemins lumineux de la compréhension de notre mystérieuse existence ?

    Je ne le saurai jamais .

    C’est cela le charme des voyages, l’indien garde toujours de son étrangeté et reste inaccessible au fond !

    Est-ce pour conjurer cette sorte de vertige que procure ce que le regard peine à circonscrire que le voyageur se tourne vers le quasi infiniment petit, l’insignifiante bestiole qui parade malicieusement, et qu’il y trouve  subitement un  nouveau sujet d’étonnement ?
     

    La sage, le candide, et l'écureuil

    Alors que dans son dos, la splendeur  géologique impose sa majesté de millions d’années ,le touriste abasourdi découvre face à lui la magie toute simple de l’écureuil  .
    Les visages s’illuminent à la vue de cette autre merveille !

    Magie du voyage…. Qui en appelle d’autres. 

     

    Je vois dans ces images toute une portée allégorique qui, pourquoi pas , pourrait concerner, du professionnel rigoureux, au scrutateur fiévreux, les terriens avides de tout connaître des choses du ciel, de notre univers en représentations parfois scintillantes.

     

    Le candide interroge du regard le sage détenteur du savoir, ne comprenant que la surface de ce qu'il voit, animé par ce trouble diffus de ne pouvoir expliquer qu'une portion visible de la réalité donnée à voir.

    Il est des théories tellement complexes , qu'elles confinent à l'ésotérisme pour le commun des mortels.

    L'ignorance est une souffrance, autant qu'un aiguillon. 

    Où se loge donc la Relativité dans ce mouvement des étoiles et des astres errants ?

    Pourquoi ce que je vois, n'est pas ou plus ce qui est ?

     

    Es-tu , Ô Grand savant, encore capable d'éblouissements, même trivialement exprimés, à la contemplation du plus simple des spectacles nocturnes ?

     

    Et puis, l'amour de l'infini cosmos ne doit-il pas provoquer en chacun d'entre nous le désir encore plus fort de considérer, au ras des pâquerettes, cette vie qui a surmonté des maelstroms d'incertitudes, de dangers mortels, pour se frayer un chemin jusqu'à ce jour.

     

    Ce jour béni, forcément, parce que gagné sur le néant, où le sage côtoie le candide et l'écureuil en une "relative" harmonie.

     

    La sage, le candide, et l'écureuil

     Magie du voyage…. Qui en appelle d’autres. 

    Ce qui est bien avec les voyages,  c’est évidemment que l’on voyage.

    Magie du voyage…. Qui en appelle d’autres.  

    Aucun astronome ne me démentira!


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    Avec le programme Apollo, les petites phrases ont été largement relayées, les petits gestes scrutés, dans ce qu'il est convenu de considérer comme: "une brève conquête  à histoires".

     

    La sémantique aura eu autant d'importance que l'astronautique dans cette épopée humaine et technologique

     

    Mais au fond, quel message fondamental portent ces hommes aux vaisseaux faits de matériaux innovants, et au caractère trempé dans l'acier ?

     

    Je ne crois pas sincèrement qu'ils aient cru un seul instant sur la lune, constituer l'avant-garde de la nouvelle frontière de demain

     

    Un premier coup d'oeil aura presque suffi !

     

     

    « Notre planète est d'une désolante magnificence, pour nous autres, les terriens »

     

    Désolante magnificence et magnifique désolation

     

    C'est ce que je dirais si j'étais chargé de porter un message à l'adresse des sélénites

     

    Nous rêverions de disposer d'une telle splendeur jusqu'à la consommation des temps, malgré l'implacable finitude inscrite dans notre histoire

    Nous ne sommes pas à la hauteur d'une telle merveille , royaume de perfections.

     

    C'est même tout le contraire !

    Il est parfois dans la nature humaine de balafrer les visages trop beaux.

    Autant de sources d'un dépit qui nous laisse une éternité de regrets

     

     

     

     

    « Magnifique désolation »

     

    Désolante magnificence et magnifique désolation

    La conviction intime des astronautes découvrant les panoramas lunaires est forte déjà que nous n'avons pas d'avenir sur ce sol stérile, couleur plâtre sale.

    Quand bien même ils se gardent de livrer le secret de leur coeur!

    Ils savent pourtant le faire en certaines occasions , tous les amateurs d'Apollo gardent en mémoire "un Cernan" bondissant et chantant, au dessus de la grise vallée de Taurus-Littrow, là-haut.

     

    Les héros à étoffe de poètes , peuvent donc se permettre une élégance d'oxymore, en faible gravité..."Magnifique désolation"...

     

    Tels des touristes s'émerveillant d'une exotique misère, magnifiée par le sourire morveux et le regard étrange d'un gosse qui pose, sur fond de vestiges prestigieux d'un temps révolu.

     

    C'est photogénique, générateur d'un trouble fulgurant, mais ça n'est qu'un monde figé d'où rien ne peut se créer, sinon qu'un océan de tempêtes et de désillusions

     

    C'est probablement désolant pour les amoureux éconduits d'une conquête morte dans l'oeuf, mais Dieu que ce fut magnifique !

     

     

     


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