• Un brin de nostalgie

    Ce matin,mon esprit avait décidé de se laisser porter par un brin de nostalgie,quand bien même les oiseaux s’ingéniant à piailler dans le jardin ,tentaient de l’en dissuader.

    Le brin se posa d’abord dans l’eau sale d’une flaque jaunâtre et glaiseuse,que des mains d’enfants aménageaient d’un canal tortueux à souhait. 

    Un gros orage qui venait de marquer le repli temporaire des façonneurs de boue, avait apporté,comme chaque été, sa contribution à l’apparition de ces ports éphémères.

    D’un souffle,d’un autre appel,la rigole se changea en ru,puis en rivière,et de la rivière le brin de nostalgie se jeta à la mer.

    Le vent ne cesse de se lever,entraînant toujours plus vite la roue de cet esquif invisible que le temps accompagne et qui ne connaît,peut-être,d’escale, qu’au dernier jour.

    Une vague mousseuse,qui venait de chiper ma bouée m’entraîna sur la plage.

    Le brin de nostalgie se déposa sur l’épaule bronzée de ma mère.

    Elle m’enveloppa d’un geste leste,dans une serviette odeur de sable et de vacances.

     

    Je tremblais un peu,pressentant déjà qu’un vent mauvais figerait un jour le sourire de mes parents dans une éternité qui préfère les mouchoirs aux voiles.

    Il fait fi du temps,ce parfum de mémoire qui sait aussi enivrer. Du torrent de tristesse,au bouillonnement des entrailles,le brin de nostalgie croisa un autre regard.

     

    Un tourbillon m’entraîna vers des terres nouvelles, où les draps se façonnent sous les assauts de la fantaisie,dés lors qu’on laisse sa raison à quai.

    J’appareillais alors pour l’inimaginable, sous un autre ciel en fête, le jeu devint «nous».

     

    Une houle vertigineuse m’emportait dans un voyage sans retour, une aventure inconnue . J’étais devenu ,par la grâce d’un ange, aussi léger que l’air mais alourdi du fardeau de l’ angoisse sournoise,toujours prête à assombrir les lendemains.

     

     

    Le brin de nostalgie effleura délicatement la joue porcelaine d’un petit être aux traits délicats.

    Comme un animal,je le respirais,prêt à bondir au moindre de ses frémissements,autant que je le contemplais sans me lasser.

    Du jardin,la conspiration se fit plus insistante. Les oiseaux,de toutes plumes et couleurs confondues se ligu
    èrent pour que mon esprit réintègre le domaine du temps présent.

    Les lumières de noël qui illuminent pour toujours les yeux d’un petit garçon,le regard attendri d’une femme, eurent à peine le temps d’éclairer le brin de nostalgie.

    Il se dissipa comme par magie, sur la courbe gracieuse du corps qui à mes côtés , et apr
    ès la nuit ,revenait frissonnant à la fraîcheur du matin.

    Loin d’être perdu dans mes pensées,je pensais plutôt être perdu en cette aube naissante. En fait,je me sentais projeté vers un futur radieux.


    Ce fut comme un véritable embrun de nostalgie,revigorant , à la simple idée du moment que j’allais vivre et partager avec les miens aujourd’hui et qui passerait si vite!

  • Cercles des poètes

     

     

     

    Cercles des poètes


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    Au bord d'une île, se tient un savant

    Il se nomme lui-même « savant de peu »

    Savant de peu de choses.

     Ce savoir de peu de choses, il aime à le partager

    Partager son ignorance incommensurable

    L'incommensurable étendue des mystères de l'Univers

    Univers qui saupoudre le ciel d'innombrables grains de lumière

    Lumière du désert aux dunes mouvantes

    Mouvantes autant que la Lune et Sothis, l'étincelante !

    Comme le  sable étincelant sur lequel l'Homme chemine à grand- peine

    Peine nécessaire pour découvrir les lointaine cités promises

     Un grand fleuve s'étend au bord de l'île où se tient le savant

    Sur une barque il se laisse parfois emporter par cette voie sans paroles

    Que les rames cessent leur battement cadencé au reflet des étoiles 

    Et cette voie sans paroles lui offre des notes de lyre

    La musique s'épanche depuis le ciel pour rejoindre la Terre

     La Terre est une île dans le grand fleuve

     Au bord d'une île se tient un savant

    « Savant de peu » à l'ombre d'une pyramide

    Il rêve d'harmonie, de grains de sable...

     

     

     

     

     


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