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    Prélude n° 1 en Do Majeur J.S. Bach


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  • Que signifie actuellement « l'esprit de Noël » ? Cette question a-t-elle même un sens alors que la majorité d'entre-nous a légitimement la tête ailleurs que dans l'étoile de Bethléem ! Je frémis à l'idée de questionner le quidam aux bras chargés de cadeaux, quant au lieu de naissance du Sauveur des producteurs de foie gras, des confiseries, et du joujou technologique « dernier cri  »  qui ne fait sûrement pas écho à celui poussé il y' a plus de 2000 ans par un bambin qui dût faire une croix sur tout ces bienfaits de la société de consommation. Inutile de préciser que pour mes illusions , ça sent le sapin depuis longtemps. Je crois qu'il ne faut en aucun cas chercher à naviguer dans les hautes sphères de la théologie sous peine de se retrouver par maladresse du côté d'une élite bien-pensante qui creuse consciencieusement une tranchée entre elle et les gens de peu, les culs bénits, ou les mécréants laïcards , ces deux derniers étant deux spécimens d'un fondamentalisme qui avance à reculons vers autrui. Un bon chrétien qui regarde de haut , de trop haut , perd le point de vue essentiel qu'est censé inspirer Noël. C'est bien au ras d'une mangeoire, dans une étable embaumant le bestiau de nos campagnes que l'esprit de Noël trouve sa source. Il n'est pas encore question d'odeur de sainteté. Noir, juif, rois en costume brodé, berger, charpentier, femme au foyer, circulation de l'or, de l'encens, des crèmes qui vont bien, avec déjà la mort en ligne de mire , c'est toute une humanité en modèle réduit qui joue une drôle de scène ( pas la dernière). Un bon chrétien fera une petite place pour le Père Noël qui demande l'asile dans la crèche, pas loin de l'âne diront les mauvaises langues. Plus on est de fous, plus on rigole cette nuit-là ! Ceux qui seront seuls, délaissés, les gens de moins encore que les gens de peu, n'auront sûrement pas l'envie ou la force de mettre en lumière ce symbole de renouveau au cœur des nuits les plus courtes, de moquer avec une froide détermination ces fadaises avalées par les croyants qui devraient bien aussi s'étouffer avec l'hostie avalée béatement le dimanche. Que je prie Jésus, Marie , Joseph ou la SNCF de maintenir mon train pour les vacances d'hiver ( pas de « Noël «...s'il vous plaît ) l'esprit de Noël sera pour moi un mélange de sentiments et des genres. Quand je serai à table, en famille, mon esprit bouillonnera c'est certain ! Le Champagne aidant, je regarderai d'abord autour de moi, puis un peu là-haut, « cette farce aux morilles  est exquise » , je regarderai à travers les murs ce vieillard isolé que je serai peut-être un jour, puis je reviendrai par la grâce d'un Médoc cru bourgeois aux dénonciations virulentes sur l'intolérance, la bêtise humaine de l'Autre coupable d'être moins sensible, moins en plein de choses que Moi. J'enfoncerai probablement le clou dans la bûche pâtissière qui m'a coûté une blinde, car même quand on aime, on compte bien qu'il n y' en aura pas un ou une qui fera en plus la fine bouche devant cette merveille chocolatée unique au monde. Une nouvelle rasade de Champagne bien frappé, servi dans un calice de cristal ciselé me ramènera pour un instant dans les envolées sur l'importance de la famille, la fraternité, la spiritualité , l'astronomie matière dans laquelle je brille tout particulièrement parmi les candides. «  Onctueuse cette mousseline de mandarine avec les éclats de meringue... » , je ressuscite littéralement quand viennent ensuite café, Cognac, petits gâteaux de tradition familiale faits maison. Et je regarde d'un œil pas trop catholique, avec un sourire de contentement, ma voisine dont je remarque enfin, faute de le lui avoir dit clairement, qu'elle est bien « mimie » dans sa petite robe noire qui effleure ses jambes juste au-dessus des genoux. Affaire à suivre... A l'heure du grand déballage des cadeaux la nuit sera bien avancée, les embrassades et effusions variées n'augureront aucunement que l'esprit de Noël sera plus avancé, lui... Ou alors, il aura fait son chemin au milieu des présents en cuir damasquiné, des parfums , de manière imprévue pour se lever et marcher. Je resterai sur ma faim, rien n'aura changé au fond, je n'ai encore que des questions, ma fraternité à portée limitée n'est-elle réduite qu'à cette arme de distraction massive qu'est un peu Noël ? Et alors, on était tous ensemble non ? C'est peut-être ça l'esprit de Noël, des questions sans réponse , davantage chaque année, une agitation qui est le propre de l'humanité et donc, une occasion rêvée de se regarder en face. D'avoir le courage de regarder au lever, son visage le lendemain de cette fête et de se dire « je ne suis pas mieux que les autres, je ne vaux pas mieux que les autres » Tous les mêmes, petits et grands, petits devenus grands et grands à la petitesse d'esprit. Il ne faut surtout pas demander à un miroir lequel est le plus beau ! L'étable n'est jamais loin de la table en fin de compte.


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